© Place to B - 2016

Forum Social Mondial 2016 – de l’horreur à l’apaisement

Si je suis allée au FSM 2016, qui a lieu du 9 au 14 août à Montréal, ça a été un peu beaucoup par accident. Un accident qui s’est avéré un baume pour mon âme.

Mais d’abord une digression.

Enfant, j’ai vécu avec un père qui, après avoir combattu lors de la Seconde Guerre Mondiale, en est revenu troublé par une anxiété profonde. Une anxiété qui se manifestait par de l’irritabilité, des montées de pression, de l’hypervigilence, des préoccupations sans liens avec la réalité, et une vision du futur toujours un peu catastrophique.

Cette peur de fond constante jumelée avec un trop plein de non-dits, qu’il portait comme une deuxième peau, n’ont pu faire autrement que de devenir mon héritage. Jusqu’à faire parti de mon ADN. Jusqu’à se manifester dans ma vie, entre autre par cet événement fondateur que fût ce cauchemar que j’eus alors que je n’avais que 6 ou 7 ans.

Je suis dans une clairière, au milieu des herbes hautes, habillée de ma robe préférée : une robe blanche avec un corsage en nid d’abeilles, réalisé avec des fils bleu et rouge. Je jouis du soleil sur ma peau et du vent dans mes cheveux, maintenant tout ébouriffés, quand tout à coup une ombre me prend par-derrière, couvrant tout le ciel au-dessus de ma tête. Transie par le vrombissement d’un avion qui se dirige aveuglément vers sa cible, je suis statufiée d’horreur.

Ce cauchemar récupérant, dont je n’ai pas été capable de parler à l’époque, m’avait non seulement enlevé les mots, mais il avait fait naître en moi une croyance extrêmement dévastatrice, paralysante. Si les méchants, c’est-à-dire Hitler et compagnie, commettaient des horreurs, c’était dans l’ordre des choses, puisque c’étaient des méchants. Mais si les bons, c’est-à-dire les alliés, les Américains, faisaient la même chose en lançant des bombes atomiques sur des femmes et des enfants, alors nous étions tous condamnés, puisque quoi qu’on fasse, le Pire allait toujours gagner.

Et le Pire n’arrêta pas là son travail de sape chez moi. Il y a eu cette photo en ’72 qui me passât sous les yeux d’une jeune fille qui courait nue, brûlée, après que son village ait été bombardé au napalm. Elle avait 9 ans, j’en avais 13. Puis avec les annnées, alors que je croyais que la guerre s’atténuait, il y eut tous ces documentaires, ces reportages télé sur la destruction de la planète et de ses écosystèmes, comme les forêts d’Amazonie, la coupe à blanc dans le Nord du Québec, la fonte des glaciers. Enfin au début des années 2000, je fît l’expérience directe de la pollution à outrance. Je contratai une maladie d’hypersensibilité environnementale, qui fît en sorte que je dus porter, pendant 4 ans, un masque médical pour sortir de chez moi.

Mais ce qui me tuait réellement à petit feu, c’était que le Pire me tenait dans un état de conflit perpétuel puisqu’à chaque bon coup que je commettais – toujours animée, malgré tout, par le désir de faire du sens, de vivre autrement, de co-naître une justice pour l’ensemble – je me tapais une crise d’anxiété de même ampleur, sur l’échelle des bons coups, me demandant toujours si en fait je ne venais pas de contribuer encore une fois au Pire.

Enfin jusqu’à ce que j’en prenne conscience et que je talonne cette vertigineuse perte de prise en charge de ma réalité jusque dans ses moindres replis.

Ce qui fait, qu’encore à l’occasion, si on ne me sonne pas les cloches, je ne suis pas toute là.

C’est donc probablement à cause de cette habitude récalcitrante, qu’à part la marche et le spectacle d’ouverture, je n’avais pas mis le FSM à mon agenda. Il a fallu que je lise en détail toute la programmation, après qu’une amie m’ait invitée à y venir le mercredi, pour que j’y découvre la richesse de tout ce qui y était offert, – I was flabbergasted – et qu’enfin je m’organise pour ne pas manquer cette occasion exceptionnelle d’échanges, d’apprentissages et de rencontres. Sans compter que c’était la première édition depuis les 12 dernières, depuis le premier forum en 2001 à Porto Alegre au Brésil, que l’événement avait lieu dans un pays du Nord. Et c’était chez moi, dans ma cour.

Alors autant que faire ce peu, j’ai participé à des ateliers pratiques, de petits groupes d’échange, et j’ai assité à quelque unes des grandes conférences. J’ai découvert Place to B, où je suis retournée avec grand plaisir, inspirée par leur travail et leur approche. J’ai engagé des discussions avec des participants, des bénévoles, des organisateurs d’atelier, qui ne faisaient pas que rêver d’un monde meilleur, mais qui avait une longue, ou une plus ou moins longue expérience de mobilisation, de résistance, de collaboration et de succès, et par l’entremise de qui le FSM a pris corps en moi.

Mais surtout, ce qui a pris corps, ça été la réalisation que le Pire avait, dans le monde incarné, un adversaire de taille.

Mais surtout, ce qui a pris corps, ça été la réalisation que le Pire avait, dans le monde incarné, un adversaire de taille. Des milliers de personnes présentes, et des millions d’autres à travers le monde, dont les initiatives, les organismes, les aspirations avaient à cœur le bonheur des êtres, l’inclusion de tous et chacune, le caractère sacré de la planète. Des gens dont la sollicitude était d’une évidence, rien à voir avec l’avidité, le mépris ou l’exclusion du Pire.

Un vent d’egagement qui a fait faire un bond à mon âme : d’une perte totale de confiance en notre humanité à la conscience que nous étions déjà en mouvement. Vers un monde plus libre, plus harmonieux, plus respectueux. Un monde plus aimant se donnant les moyens de prendre soin, de chérir, d’honorer Tout ce qui est.

 

Crédit photo : © Place to B

 

Where do I hear the Essence of Life the most?

… je sais que ce lieux où j’habite est celui où j’entends le mieux respirer Dieu. Non pas, je le sais, que Dieu ne soit pas présent partout ailleurs aussi. Mais c’est ici que je l’entends le mieux.

Christiane Singer, “Rastenberg”, Albin Michel 1996, p.17

… I know that here, where I live, is the one place where I hear the breath of God the most.
Not, I know, that God is not also present elsewhere. But it is here that I hear Him best.

– translation Marie Cornellier & Anne Imrie
∞ ∞ ∞

This is a question that I like to ask myself, especially when I am traveling, when I am out of my comfort zone, or when I am confused about where or what I should do. Because this question creates a much wider perspective in my mind, reframing my daily reality as I am taking the time to get in touch with the Essence of All there is. The space, that I know, will bring and keep me whole.

And strangely, and not so strangely, because that question is always relevant, regardless if I am sick or in top shape, if I am following la mode du jour or I am wandering in the wilderness of nature, or the wildness of my heart.*

It has not always been an easy question for me to answer. To know if I could be whole in a job, a house, or with a partner. Sometimes it took me several weeks, even several years, to get to the bottom of one of those questions. Primarily because I was proceeding only from a head point of view, disregarding any emotional, physical, or spiritual inputs.

In fact, earlier in my life, I have to be honest, I was blind and deaf to those inputs, didn’t feel them, didn’t know how to recognize them, didn’t know how to interpret or process them. So to get to know thow core benigma of mine, I realized, I had to start investigating, studying, practicing otheir ways of living. Otherwise I wouldn’t be able to stop myself from always taking the well imprinted highways of my unconscious patterns.

I had to become the observer of my intentions, thoughts, and actions, so I could truly become the creator, the healer, the transformer of my own reality. So I could be whole where ever and whenever I wished too. Hopefully this means all the time.

 

* It is interesting that Thoreau did not say “in wilderness.” ( “In wildness is the preservation of the world.”) There is, after all, as he perhaps knew, a difference between the two. The general argument, put forth most recently by the poet Gary Snyder, is that wilderness is an entity, a place, and a fragile place in fact, that can be very easily destroyed. Wildness, by contrast, is more deeply rooted. It is an ancient, life-sustaining current, a force of nature that can be most easily experiences in wilderness, but also lurks in the wilder corners of suburbia, or even in cities, and exists as potential even in some of the most barren, devastated environments. In wildness is not only the preservation of the world, but also the restoration of the world.  John Hanson Mitchell, The Wildest Place on Earth, Counterpoint, 2001, p.13

Christiane Singer – citations

Christiane Singer est une femme écrivant une prose poétique qui s’adresse à notre Essentiel.  Chacun de ses livres lie l’ordinaire à cette part plus grande que soi en chacun de nous, d’une manière qui invite à revisiter la façon dont nous vivons les moments charnières de nos vies, les petits riens qui forment notre quotidien, le bonheur d’une naissance, la souffrance d’une maladie. Elle nous inspire à une véritable relation avec nous-mêmes, avec les autres et tout ce qui nous entoure.

Extrait Les Insoumis

  • … je vois les générations comme une course de relais . On se passe les uns aux autres ce flambeau de la vie. Dans ces années passées, il y a eu de graves démissions. C’est tellement poignant de voir des jeunes gens à qui personne n’a dit que la vie qui est en eux peut faire la différence sur cette terre.
  • Ce ne sont pas des contenus qu’il faut transmettre. Les Dieux se rient de nos théories. C’est une manière intense d’être. Ce qui manque le plus à notre vie d’aujourd’hui, c’est cette intensité surgie de l’intérieur. C’est dans la rencontre de personnes vivantes qu’on en donne le goût. Chacun est dans une telle richesse! Mais il faut que cette richesse soit réveillée. La transmission, c’est cette attention portée à un autre qui fait qu’en lui surgit le meilleur de lui-même.
  • Dans cette sinistrose générale à laquelle on assiste très souvent, il y a la nostalgie profonde d’une vie qui serait la vraie vie. Et cette vraie vie ne serait-elle pas l’immédiateté avec les êtres et avec les choses, plutôt que le détournement par le commentaire d’un autre?
  • La vie est tellement généreuse. On ne peut pas passer à côté de l’essentiel.
    Nous sommes dans une société qui nous distrait en permanence de l’essentiel et de nous-même. Nous sommes « hors » de nous. Alors que cette richesse qui nous habite a besoin d’être reflétée dehors pour que nous reprenions contact avec elle.
  • A la question « Pourquoi court-on tellement? »
    Parce que nous ne sommes pas mis en relation avec cette profondeur par le type d’éducation qui est le nôtre.
  • Une des souffrances les pires dans notre société, c’est la revendication et le larmoiement permanent. Rien ne nous est dû. Tout est cadeau.
    L’organe de la gratitude a été mutilé dans notre modernité. Il faut le refaire surgir. Sinon nous sommes en permanence des affamés.

Et sa conclusion:

  • Ne soyez pas perdu dans la souffrance au premier degré mais dans l’attention de ce qui va se révéler derrière.
  • S’aimer soi-même. C’est le plus difficile. Tant que nous ne somme pas en amour avec nous-même, nous sommes une fréquentation dangereuse pour les autres car nous cherchons sans cesse compensation dans la relation.
  • Inclinons-nous devant le mystère que nous abritons chacun.

Et enfin, sa dernière phrase: une citation d’un passage de l’ancien testament:

  • Je te remercie de cette merveille que je suis et que tu as crée.

(Retranscrit par Isabelle Deschard sur Fragments de Bien-Être)

Where I hear the Essence of Life the most

IMG_2627Yesterday, I was in the arm of an old one. And old One, Who had experienced many, many winds, sun shines, little breezes and who had given birth, look after and buried coutlets.

But the radiance of Its summery green energy felt anything but old. On the contrary. The light surrounding It, a shimmering gold, was more than anything refreshing, rejuvenating, invigorating.

 

IMG_2632What a treat.

Especially with Its breath pulsating my back, in and out, in and out. A soft rocking inner movement, up to the point where my eyes burst into…

a huge smile.

And my body was flooded with the truth that I was looked upon…

well take care of.

 

 

Its time…

You will find here a multilayered reflexion in favour of biodiversity, the biodiversity of nature, as well as human. A biodiversity that I have learned to better understand, appreciate & be grateful of, whether it is instilled by Life, the Kosmos, or All There Is (whatever you call it).

I have come to cherish it in a way that I would have never tough, since, like most of us, I was brought up in a separated state of mind, where everything was taught in terms of this OR that. This being better than that; this being the one and only true version… ad nauseam.

A reflexion on how to take care, to cultivate, to practice, to be more inclusive of this AND that : productivity AND caring; masculinity AND femininity; light AND shadow; old AND new.

We cannot keep doing what we are doing now and not seeing that we are heading straight into the wall. The self-deception isn’t working anymore, we just have to observe our bodies which are sicker and sicker, our planet poorer and poorer, our souls more and more devastated

We have to evolve, which means that we have to integrate what was accomplished AND transcend it. We don’t have to despise what was done, but learn from it and be inspired to shift, leap, into creating a new paradigm in favour of the living, the vibrant. Leaving the world of scarcity, separation, distrust to enter the world of plenty. The world of collaboration, sharing and service.

So why don’t we all start to grow up, wake up and show up. Beginning by exposing oneself to the other in front, around, behind us. By listening to what she, he, it, has to tell us about their story. By hearing her, his, its values, ways of living, traditions, perceptions, wounds, apprehensions, needs. By being moved, instead of judging, by their reality, since the voice of there I is the same as ours : a being in perpetual movement to become. And vice versa.

I believe the time has come to stop arguing, denying, postponing endlessly. It is the time to become consistent with our beliefs, desires and needs. To engage. To commit. It is the time to TAKE CARE, to be CARING to oneself AND the others, to make sure that our point of personal gravity is in CARING, as in honouring, cherishing, being compassionate, respectful. It is the time to think and act with lovingkindness. And take all the measures possible to ensure that what we are dreaming of, and since the beginning of time – security, peace, abundance, happiness, freedom (and you can add to this list what is important to your core being) – become a reality for each and every one of us. All together.

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The She within my natural world

This text was presented to the FlipSide New Writing Competition in 2015, with the theme : A Sense of Place and the Natural World.

* * *

Once again, I am in front of Her, and I am being breathed, opened, revitalized. To the point of feeling reborn.

The first time I recall becoming aware of Her subtle and not so subtle presence, I was 6, or somewhere around. Standing up, my bare feet in the water close to Her edge, I noticed for the first time Her mind blowing vastness, and strength. That day, for whatever reason, I was mesmerized by Her outgoing tides trying to suck me, bit by bit, into Her cold, salty deep body. “I can’t get out”, I yelled scared. “Just take a step backward”, my sister yelled back at me. I am not stupid, I know that, if She wasn’t holding me so powerfully, I would have done it already, I told myself. Within the next minute, She had caught my feet and rolled me within one of Her incoming tides. The next thing I knew, I was lying down on the sand, shaken out of my trance.

My hair was full of sand and I had lost the precious ring my sister had given me for my last birthday, since she is incidentally my godmother, her being the oldest and me the youngest sister of a family of nine children. I was proud that it was sprinkled with my birthstone, a small purple Amethyst, and not feeling it on my finger anymore made me so sad. Especially that I’ve always done what I had been told so I would not lose it. I had put it in my mouth when I washed my hand at home or at school, and in its teeny tiny jewel box at night before I went to sleep. “You shouldn’t have been wearing it to play in the sand”, she scolded me.

But no matter what, the next day I was playing again with Her, jumping in Her waves and bursting into laughter each time I scooped up Her salty water with my nose, my mouth. How could I stay away from the pure joy She brought into my life?

Retrospectively, I am wondering if She took my ring as a token for the long, meaningful commitment we were going to develop over the years? And by embedding this memory in the depth of my cells, as early as it was possible for my psyche to process it on its own, if She was trying to make sure I would always remember to Whom I was wedded? What I know is that from the beginning my whole incarnation has been tattooed with Her, or Her more obvious form, water : my Solar sign being in Pisces, my Rising sign in Scorpio and my Lunar sign in Cancer.

Forty-four years later, I met Her once again but this time in a totally new fashion. I had been unexpectedly invited to the Îles de la Madeleine for three weeks : my friend Nath wishing me to experience the beauty of her homeland, an archipelago interweaving height different islands, with almost no trees, and kilometers of beaches. Where your skin was brushed by a gently sea breeze, or a strongly warm wind. A land, with a view on the sea from almost anywhere you are on the ground.

Being by myself most of the day, while Nath was at work, I started exploring everywhere and everything in walking distance, then by car – the traditional herring smokehouse, the beaches nearby, the colorful houses, the skillful artisans, the beaches further away, the cafés, the lighthouses, the red cliffs eroding just as you walk by, the beaches far far away, the kite-surfing fans – my perspective slowly becoming wider and wider.

Day by day, I was grounding myself in this very peculiar and spectacular surroundings, always aware of Her presence on the corner of my eye, or straight in my face. Day by day, I reconnected with a long time buried longing for her vastness, for the way She made me feel. Part and One with the Whole.

Her calling was becoming so tangible once again, I felt compelled to make the quieter beaches, dunes and capes my favourites, – in fact, every or any place that I felt free to meditate – my shrines so I could be in a deeper resonance with Her. Bringing my iPod, I started chanting for Her, while She was breathing me. While Her tides were rocking my being. Up to the point, as we merged to form a We space, my mind experienced a peaceful silence, my body a revitalizing energy, my heart a profound compassionate embrace.

How could I had let myself drift away from Her to the extent of almost forgetting about Us? Why so many years between my first unconditional encounters and this time? I suppose my longing for Her was necessary so I could stop fighting Her invisible, tangible presence in my life, believing that She was going to turn me into a weirdo : un-grounded, addicted to bliss rushes, denying nature its incarnated traits and values, unless it was serving my desires to glow, but without the dark. Without getting my hands dirty with all those shadows of mine, which needed badly, or not so badly, to evolve, to come to light.

I know now that this time was more than necessary so I could become aware of this belief. So I could choose to make it my reality, or let it go and honoring the truthfulness of Her transforming, healing presence in my life : She was part of myself, as I was part of Her.

A time that felt like eons, but created the space for me to realize that by withdrawing from Her, I was withdrawing from a Huge part of myself. And this goes without saying that, if I choose to remain stocked in that state, there was no way I would feel Whole, again or ever.

Growing up, waking up are long processes, worth their shitty and blissful moments, if I am able to transcend and include what was behind and embrace the new. If I am able to let myself being turned upside down, outside in, squished, skinned, ripped from my old beliefs, values, and habits, at least those that do not serve me anymore. That do not serve my relationship with Her.

Now that I am wide open, that She has fully penetrated me, now that I have totally embraced the Us between ourselves, I don’t need to be by the sea to feel Her vastness, to be connected. Within, and without.

Now that I have cleansed my resistances toward Her, whenever I embody Her qualities in my natural world, I feel Her shivering presence under my skin.

She is the space in which I have found my place.

© Nathalie Létéavec permission

Nathalie Lété : une oeuvre qui fait chavirer

Au mois de mars dernier, j’ai pris contact avec l’artiste Nathalie Lété pour savoir si je pouvais utiliser une des ses images comme fond pour mon site que j’étais en train de redessiner (une version antérieure au site actuel). Elle me répond que ce n’est pas possible, parce que ces images, qu’elle appelle goodies, sont offertes gratuitement  pour un usage privé seulement, question de droits d’auteur.

Je lui réponds que je comprends parfaitement et j’ajoute à ma réponse quelques lignes sur l’impact de son travail dans ma vie.

Elle me répond qu’elle aime ce qu’elle a lu, et qu’elle aimerait que je lui écrive un petit texte en échange de l’utilisation de son image.

J’accepte, parce que de prendre le temps de refléter sur son oeuvre sera une vraie joie pour moi.

∞ ∞ ∞

 Une oeuvre qui fait chavirer

Tu sais, ma belle, quand j’ai acheté l’assiette de Nathalie Lété POUR TOI, en décembre 2013, je l’ai fait parce que je voulais te laisser une autre trace d’une ces personnes qui ont fait partie de ma vie. Qui m’ont inspirée. Que j’ai connu personnellement ou par leur œuvre. Pour que tu puisses palper, lire, regarder et te faire une idée par toi-même de ce qui a soutenu ta grand-mère tout au long de son chemin.

Et Nathalie Lété est l’une d’elle.

Comment l’ai-je découverte? Je ne saurais te le dire, tu sais avec le web, tu passes d’un lien à un autre, tu tombes sur quelque chose qui te parle, ils te parlent de ce qui leur parle et voilà que d’une recherche sur le concombre, tu te retrouves à cliquer J’aime sur la page Facebook de Nathalie Lété.

Je sais juste que bien avant de la suivre sur Facebook, j’avais acheté son livre jeunesse J’ai descendu dans mon jardin et j’ai cueilli… dédié à ses deux coquins d’enfant, pour qu’ils ne boudent plus les légumes, et dans lequel j’ai fait la rencontre de personnages succulents, Hercule Poireau, Mamie Groseille, Michou chien potager et bien d’autres. Puis Bric à brac, un livre mariant ses œuvres tous médiums confondus, acrylique sur papier, céramique, maquette textile, vaisselle, toutous tricotés main.

Elle m’a toute de suite plu. Il n’y a eu aucun doute. Il y avait une convergence entre nous qui tenait probablement au fait que nous étions de la même génération, je suis son aînée de cinq ans, c’est-à-dire cinq fois rien. Nous avions en commun les poupées, la couleur, les films d’animation, nous étions femme, mère, nous aimions les objets faits mains, le beau, la création.

Puis il y avait ce qui lui était particulier.

Ce mélange d’images “enfantines”, “naïves” jumelés à une façon d’illustrer, très crue : une peinture faites de gestes bruts aux thèmes de contes pour enfant ou de nature morte, des toutous cousus à coup de grosses coutures.

Sa façon d’associer ombre et lumière. Ses images de petits animaux, de peluches, de fruits chaotiquement organisées n’étaient jamais trop polies. Sa relation entre pigments lumineux en avant-plan et obscurs pour les fonds créaient une impression qu’il se tramait quelque chose entre ces deux pôles. Mais quoi? Je dirais quelque chose de la même nature que la terre qui absorbe la lumière pour en faire le terreau d’une biodiversité incroyable.

Comme sa manière d’honorer le petit, le vulnérable, l’ordinaire, en produisant essentiellement des objets de tous les jours, tout ça m’animait parce que ça résonnait avec les qualités dont le gros de ma vie était faite. Autour desquelles j’avais choisis d’évoluer. Mais surtout parce que c’était ce dont j’avais besoin pour cheminer dans mon existence.

Plus je découvrais son œuvre, plus j’avais envie de la retrouver. Elle ne cessait de me conquérir tant par la beauté que l’audace dont elle insufflait son travail. Quand je l’ai vu se mettre en scène, comme pour Astier de Vilatte, devenant le petit chaperon rouge pour nous présenter ses champignons en céramique, mes yeux se sont bridés en un énorme sourire. Alors que mon cœur rayonnait quand je m’imaginais porter un de ses foulards carré de soie.

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Sa constante représentation de la nature réimprimait en moi mon lien avec le Vivant. Par exemple, derrière l’organisation esthétique de son papier peint Jardin crème, il n’y avait pas de doute, ça sentait encore la terre, l’humus, le vert, tout ce nécessaire pour qu’il y ait fertilisation, germination, éclosion, hibernation, compostage de mon quotidien. Dans Forêt noire, c’était l’état sauvage des choses qu’elle faisait briller dans la nuit, avec ses animaux aux couleurs vibrantes tranchants sur un fond noir enfeuillé de gris. Sa façon de faire résonné ce mouvement viscéral qu’est l’instinct pour quiconque veut créer, une œuvre ou une vie, me faisait le plus grand bien.

Sans compter qu’elle rafraichissait ma psyché en se réappropriant les images iconiques de Mickey, Bambi ou de la Tour Eiffel, qu’elle combinait à un vocabulaire déjà bien garni de fleurs, de légumes, d’oiseaux. J’aimais qu’elle les réunissent sur tout et n’importe quoi, des jouets pour bébé chez Vilac, aux lampes et coussins pour Domesctic, aux valises de Monoprix, à sa collection de robe pour Anthropologie, ou encore aux roches, aux urnes funéraires pour ce qui est de sa collection personnelle. Une vraie touche à tout.

Pourtant ce n’était pas comme ça que je la percevais. J’avais même l’impression que cet “éparpillement” était très secondaire. Si elle passait d’un médium à un autre c’était qu’elle suivait son mouvement intérieur, jouait avec, lui répondait. C’était que le monde n’était pas une chose à l’extérieur à elle. Elle était elle-même UN univers où toutes les facettes du réel se manifestaient.

Et faisait, par le fait même, émerger à ma conscience cet univers que j’étais.

Alors comment devant une oeuvre comme la sienne, qui transpirait l’authenticité, une singularité si assumée, ne pas tomber en amour jusqu’à en être transformée? À ce point que…

Quand j’ai d’abord pensé à acheter l’assiette POUR TOI, avec son cœur vase à fleurs, c’est qu’il me semblait que ses mots t’étaient destinés. Mais une fois à la maison, après l’avoir installée sur une table d’appoint pour en profiter en attendant un jour de te l’offrir – en décembre 2013, tu venais d’avoir un an, j’avais donc le temps – cette assiette a fait bien plus que me délecter les yeux, elle m’a contaminée. Ses mots, son cœur et ses fleurs ont tranquillement fait leur chemin jusqu’à mon cœur, ils l’ont nourri, l’ont réjoui à un moment où ça m’était plus que nécessaire.

Une assiette qui te fait chavirer, ce n’est pas rien. Tu peux comprendre maintenant, pourquoi une œuvre, qui ne craint pas d’être vraie, qui invite à regarder la réalité avec un autre oeil, au-delà de nos zones d’inconfort, au-delà de nos perceptions bien établies, à la regarder tel qu’elle est, drôle, intrigante, terrifiante, imparfaite, mais toujours vibrante, a pu être une balise dans la vie de ta grand-mère. Une immense joie.

© Marie Cornellier 2014

 

22 avril – jour de la terre 2012

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C’est parce que je composte,
recycle, réutilise, réduit, prends soin,
cohabite, collabore, redistribue,
partage, cultive, prends soin,

qu’aujourd’hui, 22 avril 2012,
jour de la terre,
je marche & demande :

que ces gouvernements,
que nous élisons,
PRENNENT SOIN de la terre,
de notre environnement collectif,
minéral, végétal, animal & humain,

étant donné que tous
& chacune sont inter-reliés,

en créant une politique du PRENDRE SOIN en faveur
du vivant, du vibrant parce qu’ils sont
notre essence & notre matière,
mon coeur & mon sens.

© Marie Cornellier 2012

* * *

Oeuvre publiée dans “Pour un Printemps”
livre citoyen : 268 auteurs ; 306 pages ; couleur ; 8.5 x 11
pour un aperçu ou pour acheter
voir la vidéo du lancement

depuis que je respire du vert…

Après deux maladies chroniques, des années d’invalidité, mais surtout un désir profond de vivre autrement, voici une exposition collective sur mes chemins de guérison… – Marie Cornellier

120 masques

Pendant 4 ans, j’ai dû porter un masque médical lorsque je sortais de la maison. Je souffrais d’hypersensibilité environnementale, une maladie d’intolérance aux polluants et sans cette protection, j’avais des infections à répétition.

Des amis m’ont suggérée de décorer mes masques… tant qu’à faire, pour faire rire. C’était tout à fait irréaliste puisque je n’aurai pas supporté la peinture, les feutres ou tout autre produit de création. Mais l’idée était bonne. Alors je les ai relancés et invités à me créer quelques masques de leur concoction… pour le plaisir, pour les exposer. C’est ce qui s’est passé en 2004, pour les premiers 70 d’entre eux. Le succès a été tel que d’autres personnes m’ont approchée pour créer les leurs. Je me suis retrouvée avec quelques 120 masques.

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© masques : Mario Beaudet, Liesbeth Bos, Elaheh (sa belle-fille et mère de Nathaniel), Nathaniel (fils de Elaheh et petit-fils de Liesbeth), Katia Breton, Meredith Carruthers, Suzanne Chan, Esther CImet Shojiet, Marie Cornellier, Suzanne Hamel, Renée Lévesque, Ann Milligan, Lori Hazine Poisson, Lorraine Pritchard, Michael Reinhart, Karen Trask, Patsy Van Roost, Brel (fils de Patsy), Fred Ward, Burhan Zarhai, Marc (un artiste de rue)

mixte média sur masque médical, 7 cm x 20 cm, 2004 – 2009

120 antidotes

Mais ce succès ne me convenait pas totalement, parce que ça mettait l’accent surtout sur la dysfonction, alors que moi je voulais porter toute mon attention sur la possibilité d’une guérison. L’année qui a suivi, pendant 120 jours, j’ai créé un antidote pour chacun des masques existants. Dans certain cas, il symbolisait mon incapacité dans le moment présent, dans d’autre une transformation profonde.

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© 120 antidotes : Marie Cornellier 2007, mixte média sur papier japonais, 13 cm, 2007

120 moments de bonheur

Puis une autre année a passé, toujours concentrée sur ce qui m’apporterait un rétablissement durable. Et voilà que je réalise que je dois maintenant m’imaginer reprenant une vie normale afin d’amener le coeur, le corps, l’esprit à sortir de mes schémas de maladie. Hum… tout un défi! Je commence donc à travailler sur la série «bonheur», parce qu’il fallait bien donner à ce nouveau passage une qualité qui en valait la peine, qui me donnerait l’envie de faire ce chemin qui allait être très demandant. Le bonheur, ça allait être.

Le bonheur d’être, le bonheur de retrouver le mouvement, d’évoluer avec les autres, de prendre soin du vivant. Le bonheur de respirer du vert… tout ce vert autour, qui se reflète en moi : celui de la nature, du chakra de mon coeur, de tout ce que je mange maintenant à profusion qui en a la couleur.

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© série bonheur : Marie Cornellier, photo numérique, 20 cm x 30 cm, 2008

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Expositions
de l’air s.v.p. boutique Au Papier Japonais, Montréal, 2004
depuis que je respire du vert… bibliothèque Mordecai-Richler, Montréal, 2009

Why a mask?

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Because I was suffering from Environmental Sensitivities*. During four years, from 2003 to 2006, I had to wear a medical mask when leaving my house. My immune system was so weak, it was very difficult to control any infection. It was the inspiration for the exhibit “depuis que je respire du vert…”.

* Environmental sensitivities are a range of reactions to environmental factors including chemicals, foods, biological agents and electromagnetic radiation, at levels of exposure tolerated by many people. It encompasses a range of overlapping chronic conditions such as Multiple Chemical Sensitivity (MCS) and Electromagnetic Sensitivity. www.aseq-ehaq-en.ca